29 octobre 2007
"Tu danses sous la pression de mes doigts qui courent doucement sur ton dos. Tu te cambres, tu souris. Et tu te cambres encore plus si j'appuie d'avantage. Mes mains prennent vie, suivent ton allure et s'empreignent de chacun de tes mouvements. Il y a les points stratégiques, le creux de tes hanches et le long de ta colonne vertébrale. Tu t'envoles. Et moi je pars avec toi. Je te vois, là, seule au milieu d'une pièce sans vie. Un musique t'emporte. Tu vibres, les yeux fermés. Tes mains imposent le respect et tassent le vide qui t'entoure. Personne ne peut t'atteindre, le monde entier est entré dans ta tête. Tes paupières clauses semblent incroyablement légères. A cet instant tu es habitée.
Et magnifique."
25 octobre 2007
Je m'écroule. Je n'suis pas faite pour ce stystème. J'ai envie de partir loin, pas de voir des formules toute la journée. J'ai envie de vivre, d'apprendre avec des regards et des sourires, ou même des larmes, peu importe. Je fonce droit dans l'mur là. J'ai envie de m'effondrer, mais dans ma tête ça me hurle que ça serait ridicule de pleurer pour ça. Je suis à bout. Ma boulimie empire un peu plus chaque jour, je n'contrôle plus rien, je crache à la gueule de mon cahier vert et je suis incapable de le jeter parce que j'ai la trouille. J'veux un câlin putain. Vivement Paris, vivement ses bras, vivement l'oubli, vivement tout sauf c'qui s'passe en c'moment.
Je suis juste terriblement fatiguée.
24 octobre 2007
Peut être que la vérité c'est que j'aime les femmes parce que je suis incapable d'aimer les hommes. C'est horrible. Presque inhumain. C'est comme aimer par défaut. C'est même pas comme d'ailleurs, c'est exactement ça. Je m'écroule devant cette idée, et rien ne change : j'attends qu'on vienne me chercher. Apprenez moi, à ne plus avoir peur. Dites moi que l'homme dans l'ombre du cerisier géant n'a jamais exister, inventez moi des contes et débrouillez vous pour que j'y crois.
Je tape dans le coeur des autres et j'oublie de crier au mien que les aiguilles tournent toujours, qu'il est tant de se ressaisir et d'arrêter de jouer à Qui sera le plus fort. Parce que je n'gagnerai jamais à ce jeu là, ils sont bien trop doués pour moi. Alors je ferme les yeux pour ne pas voir la concurrence. Et j'attends. Parce que je ne sais faire que ça, attendre. Et regarder les feuilles tomber. Tu sais faire quoi de plus toi, de toute façon ?
23 octobre 2007
Elle me regarde. Elle me fixe, et parfois nos regards se croisent. Je finis par lui sourire. Elle me sourit aussi. Je détourne le regard. Et je vois qu'elle me fixe encore, elle fixe mon reflet dans la vitre. Je lui souris. Excuse moi, tu t'appelles comment ? J'ai une nièce qui te ressemble enormément, la même bouille, le même regard, c'est fou ... Je n'peux pas m'empêcher de sourire, encore. Et j'entame la conversation.
Un homme s'assoit en face de moi. Des journaux sont étalés par terre, il en prend un. C'est à toi ? Je lui dis que non. Il fait beau hein ? Oui. Il me tend le journal, me montrant une double page. Tu voudrais pas lire là ? Alors je souris, et je lis. Tu sais bien lire ma jolie, c'est bien ! Il se lève. Aller, au revoir ma jolie. Et il me tend la main. Je souris encore.
J'avance le coeur légé, mais je sens l'air froid qui brûle mon estomac tout vide quand j'inspire. J'ai peur alors je mange un gâteau, puis deux, puis trois, puis quatre .. Et mon cahier vert gonfle, gonfle ... J'ai moins mal tout à coup. J'ai moins mal dans mon corps, mais ça tape dans mon coeur. C'est désagréable. Comme si ça voulait dire qu'il n'y aurait jamais plus aucun équilibre.
Mais je suis une bascule moi, Madame. C'est Florence qui me l'a dit. Alors je finirai bien par gagner. N'est c'pas ?
21 octobre 2007
Mon petit cahier vert se remplie bien trop vite, à coup de 14 snickers, 4 paquets de m&m's, une assiette de pâtes, un sandwich au fromage, 6 taillefines aux chocolats, une madeleine, une tablette de chocolat blanc avec des cacahouètes, une demi tablette de chocolat au lait et 3 kinder bueno. Et moi je n'en peux déjà plus, de me rendre compte un peu plus chaque jour de ce que je suis capable d'ingurgiter, sans dégoût ni vomissement. Il me faisait rire, ce petit cahier vert. Mais ça y est, je le déteste. Et je vire ma haine à coups de cochonneries. On tourne en rond docteur, vous me poussez à l'échec, vous n'croyez pas ?
Je me sens à l'écart de tout, prisonnière des murs invisibles que j'ai sans doute construit jouissivement de mes propres mains. Mes mains bien trop petites pourtant, pour faire des choses à ce point déstructrices. Alors je ne crois plus en rien, puisqu'il ne reste rien de sensé. Je fais la moral aux autres, et moi je reste là en attendant qu'on vienne gentiment me chercher. Tu es perdue ? Viens avec moi, on va aller faire une annonce à l'accueil. Mais personne ne vient. Ou je ne laisse venir personne.
[Et si tu savais à quel point ton indifférence me blesse.]
20 octobre 2007
Ma voix tremble devant ses yeux qui rougissent. Ses yeux qui pleurent d'avancent et qui ravalent leur pluie, comme pour me balancer en pleine gueule qu'ils sont plus fort, bien plus fort que mon coeur qui bat la chamade et qui manque de stopper net, sans prévenir. Mais je n'ai pas peur de toi, Maman. Je n'suis rien mais je n'ai pas peur. Pas de toi. Moi j'ai peur de l'homme dans l'ombre du cerisier géant. Moi j'ai peur du fantômes et des hommes. Mais tu n'y es pour rien, Maman. Moi je n'fais pas partie de ces gens qui voient de la magie partout. Je fais partie de ceux qui s'émerveillent de tout. Mais ça non plus, Maman, tu n'y es pour rien.
Vous êtes boulimique jeune fille. Merci docteur. De me l'avoir dit si cruement. J'aurai voulu me faire encore plus petite que je n'le suis déjà. J'aurai voulu tout nier en bloc. Ne pleurez pas, vous allez vous en sortir. Mais je n'ai su que m'effondrer, le cul bien enfoncé dans cette chaise en mousse qui me fait horreur. Alors je remplie sagement, chaque jour, mon petit cahier vert, avec des rien et des gâteaux, des pâtes aussi.
Il n'y a que les détails qui font que je reste encore debout. Alors faîtes m'en bouffer, des détails.