Dans l'ombre du cerisier géant

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28 novembre 2007

Je suis juste incroyablement triste de ne pas savoir maîtriser mes sentiments. Je suis triste de voir que je vais m'écrouler si on n'me fout pas une bonne claque. Je suis triste de me sentir si incapable. Et je suis triste que tout m'échappe.

Et j'en ai marre, et merde, et je voudrais encore partir loin dans ma tête, et je repense bien trop souvent au passé avec tous ces lycées bloqués, et j'ai peur de moi, et je voudrais retrouver des bras pour tout oublier. Parce que je suis fatiguée, là.

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23 novembre 2007

"Plus tard on tracera notre route. Un sac sur le dos et basta. Du "rien" dans nos mains qui nous fascinera toujours autant. On en fera quelque chose de magnifique. Quelque chose à nous. Un jour."

Je suis intérieurement persuadée d'avoir dépassé les 50 kilos. J'ai peur. Je m'étais dit que je retournerais chez le médecin si ça arrivait. Mais je crois que j'en suis bien incapable. Je suis captivée par ma prof d'anglais. Alors que je suis plus que nulle dans cette langue. Mais je la regarde, et elle me sourie. Il y a un truc qui fait que. Je crois que si je dois m'écrouler, ça sera pendant son cours. Ne parlons pas d'effondrement. N'en parlons plus. Parce que même si il pleut, tout va mieux, hein ? J'ai croisé Florence. Et elle m'a serré fort dans ses bras. Comme avant. Comme quand elle m'écrasait d'un amour trop puissant. Je suis heureuse que les gens que j'aime s'intéressent à c'que je fais. On est là, tu vois.

Et puis il y a les histoires cons. Dont je n'oserais même pas parler ici. Des histoires qui ne valent rien. Juste un trop plein de salive.

Mon père déborde d'un amour maladroit. Et ça me fait toujours sourire de le voir captivé par ses enfants qui grandissent bien trop vite à son goût. L'homme dans l'ombre du cerisier géant est parti faire un tour, je crois. En tout cas ça fait longtemps que je ne l'ai plus vu. La lune me fait mal au ventre. J'en vomis même. Et.

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12 novembre 2007

Partir faire des courses, le pas guidé par les pulsions. La tête s'enflamme et le coeur dit non. A moins que ça n'soit le contraire. Tout semble injuste en cet instant. Et je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi je me prends leur haine en pleine tronche, ni pourquoi leur hypocrisie me fait si mal. J'aurais envie de leur courir après, juste pour me rassurer et me dire que je n'suis finalement pas si seule. Marcher la tête haute. Arrêter d'avoir peur. Ravaler ma trouille, comme si elle était cachée dans les Kinder Bueno, les Twix, les Lions, et les m&m's que je viens d'acheter. Montrer au monde entier que je maîtrise et que si je ne souris pas, c'est juste parce que je n'en ai pas envie. Alors que. Tout est faux dans ma tête. Je ne fais qu'attendre vos paroles moralisatrices, mais vous n'osez plus et restez figés en attendant que je réagisse. Mais ça ne marche plus. Je ne croise plus personne et inconsciemment je vais jusqu'à fuir les gens que j'apprécie.

Paris me manque. L'amie me manque. Et dans mon ventre il y a ces ombres qui n'ont pas leur place.

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09 novembre 2007

Paris. C'était juste Paris. Dans toute sa splendeur. Et puis non, c'était bien plus que ça. C'était l'amie. L'amie qui sait si bien rire avec ces yeux. L'amie qui nous apprend joyeusement à danser la tecktonik, d'une façon très particulière. Tu montres la direction, hop hop, après tu t'recoiffes, tu bouges les jambes, et bla bla ... L'amie qui sait pas parler anglais. Who is my shoes ?? Ou encore who is my portable ? Et qui en plus, à un accent de merde. L'amie qui me laisse lui faire un piercing avec du steak haché à la place des glaçons. L'amie qui me regarde avec des yeux qui pleurent en disant : Tu m'as carbonisé mon oreille ... L'amie qui me dit joliement : Mais je m'en fiche moi si tu transpires des mains, on partage tout ! L'amie qui s'approche timidement de moi pour me demander un câlin. L'amie qui mange une crêpe pas cuite pour que moi j'en ai une autre. L'amie qui m'explique 10 mille fois comment ça marche les tickets à Paris. Alors que moi je suis chiante avec mes questions. Faut valider là ? Mais ça va rien écrire sur mon ticket t'es sure ? Mais on peut vraiment aller dans l'métro avec ça ? L'amie qui invente des défis idiots pour jouer au bowling. On tourne sur nous même et après on tire. Et moi qui manque de m'envoler en tournant, et qui m'apprêtais à tirer dans la mauvaise ligne tellement je titubais après. L'amie qui arrive à coincer son pied dans un truc de train. Putain j'suis bloquée ! L'amie qui me dit que j'parle canard et qu'elle elle est imperméable. Ou encore J'ai des puces, j'suis périmée.

Et puis en vrac : le tapis roulant avec les petites billes à la fin où j'ai failli me casser la gueule le premier jour, la fois où j'ai levé la main dans l'bus pour que le chauffeur ouvre la porte alors qu'on était pas encore arrivé, la fois où j'ai dit à l'amie de venir et qu'elle s'est assise sur mes genoux et que j'me suis mise à rigoler en disant Nan mais j'voulais pas que tu viennes sur mes genoux hein. La fois où j'ai éternué et cracher en même temps (ouais). Les délires de merde avant de. Regarde le numéro de la rue : 69 ! c'est un signe j'te dis, c'est un signe. Mais les ballerines ça va pas être possible. Et aussi, quand j'me suis adossée à c'que j'croyais être un mur, mais qui était en fait la porte d'entrée du poste de secours de la gare, qui s'ouvre sans poignée, et dans lequel j'suis rentrée en ayant l'air vraiment ridicule. Même que le monsieur à coté de nous c'est bien fichu d'moi.

[Tout un tas de souvenirs, sans grande importance pour vous, mais qui on prit une place énorme en moi. Parce qu'avec elle j'avais pas peur. Parce qu'avec elle j'aurais pu tout faire. Parce qu'avec elle j'ai ri comme je n'avais pas ri depuis bien trop longtemps. Parce qu'elle comprend mes silences mieux que personne. Parce que, parce que, parce que. Parce que je l'aime, tellement. Juste.]

Et puis évidemment, la rencontre avec une autre demoiselle. La crêperie avec le serveur bizarre qui veut que notre table soit droite, qui donne pas de l'eau minérale, qui veut pas que je découpe l'emballage du morceaux de sucre, et qui nous vire à 14h parce qu'il veut fermer. Et là petite vieille : J'ai eu une intoxication alimentaire vous comprenez, alors est c'qu'on est bien le vendredi, 2, novembre ? Ah ah.

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29 octobre 2007

"Tu danses sous la pression de mes doigts qui courent doucement sur ton dos. Tu te cambres, tu souris. Et tu te cambres encore plus si j'appuie d'avantage. Mes mains prennent vie, suivent ton allure et s'empreignent de chacun de tes mouvements. Il y a les points stratégiques, le creux de tes hanches et le long de ta colonne vertébrale. Tu t'envoles. Et moi je pars avec toi. Je te vois, là, seule au milieu d'une pièce sans vie. Un musique t'emporte. Tu vibres, les yeux fermés. Tes mains imposent le respect et tassent le vide qui t'entoure. Personne ne peut t'atteindre, le monde entier est entré dans ta tête. Tes paupières clauses semblent incroyablement légères. A cet instant tu es habitée.

Et magnifique."

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25 octobre 2007

Je m'écroule. Je n'suis pas faite pour ce stystème. J'ai envie de partir loin, pas de voir des formules toute la journée. J'ai envie de vivre, d'apprendre avec des regards et des sourires, ou même des larmes, peu importe. Je fonce droit dans l'mur là. J'ai envie de m'effondrer, mais dans ma tête ça me hurle que ça serait ridicule de pleurer pour ça. Je suis à bout. Ma boulimie empire un peu plus chaque jour, je n'contrôle plus rien, je crache à la gueule de mon cahier vert et je suis incapable de le jeter parce que j'ai la trouille. J'veux un câlin putain. Vivement Paris, vivement ses bras, vivement l'oubli, vivement tout sauf c'qui s'passe en c'moment.

Je suis juste terriblement fatiguée.

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24 octobre 2007

Peut être que la vérité c'est que j'aime les femmes parce que je suis incapable d'aimer les hommes. C'est horrible. Presque inhumain. C'est comme aimer par défaut. C'est même pas comme d'ailleurs, c'est exactement ça. Je m'écroule devant cette idée, et rien ne change : j'attends qu'on vienne me chercher. Apprenez moi, à ne plus avoir peur. Dites moi que l'homme dans l'ombre du cerisier géant n'a jamais exister, inventez moi des contes et débrouillez vous pour que j'y crois.

Je tape dans le coeur des autres et j'oublie de crier au mien que les aiguilles tournent toujours, qu'il est tant de se ressaisir et d'arrêter de jouer à Qui sera le plus fort. Parce que je n'gagnerai jamais à ce jeu là, ils sont bien trop doués pour moi. Alors je ferme les yeux pour ne pas voir la concurrence. Et j'attends. Parce que je ne sais faire que ça, attendre. Et regarder les feuilles tomber. Tu sais faire quoi de plus toi, de toute façon ?

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23 octobre 2007

Elle me regarde. Elle me fixe, et parfois nos regards se croisent. Je finis par lui sourire. Elle me sourit aussi. Je détourne le regard. Et je vois qu'elle me fixe encore, elle fixe mon reflet dans la vitre. Je lui souris. Excuse moi, tu t'appelles comment ? J'ai une nièce qui te ressemble enormément, la même bouille, le même regard, c'est fou ... Je n'peux pas m'empêcher de sourire, encore. Et j'entame la conversation.

Un homme s'assoit en face de moi. Des journaux sont étalés par terre, il en prend un. C'est à toi ? Je lui dis que non. Il fait beau hein ? Oui. Il me tend le journal, me montrant une double page. Tu voudrais pas lire là ? Alors je souris, et je lis. Tu sais bien lire ma jolie, c'est bien ! Il se lève. Aller, au revoir ma jolie. Et il me tend la main. Je souris encore.

J'avance le coeur légé, mais je sens l'air froid qui brûle mon estomac tout vide quand j'inspire. J'ai peur alors je mange un gâteau, puis deux, puis trois, puis quatre .. Et mon cahier vert gonfle, gonfle ... J'ai moins mal tout à coup. J'ai moins mal dans mon corps, mais ça tape dans mon coeur. C'est désagréable. Comme si ça voulait dire qu'il n'y aurait jamais plus aucun équilibre.

Mais je suis une bascule moi, Madame. C'est Florence qui me l'a dit. Alors je finirai bien par gagner. N'est c'pas ?

Posté par Cataclysmable à 20:17 - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 octobre 2007

Mon petit cahier vert se remplie bien trop vite, à coup de 14 snickers, 4 paquets de m&m's, une assiette de pâtes, un sandwich au fromage, 6 taillefines aux chocolats, une madeleine, une tablette de chocolat blanc avec des cacahouètes, une demi tablette de chocolat au lait et 3 kinder bueno. Et moi je n'en peux déjà plus, de me rendre compte un peu plus chaque jour de ce que je suis capable d'ingurgiter, sans dégoût ni vomissement. Il me faisait rire, ce petit cahier vert. Mais ça y est, je le déteste. Et je vire ma haine à coups de cochonneries. On tourne en rond docteur, vous me poussez à l'échec, vous n'croyez pas ?

Je me sens à l'écart de tout, prisonnière des murs invisibles que j'ai sans doute construit jouissivement de mes propres mains. Mes mains bien trop petites pourtant, pour faire des choses à ce point déstructrices. Alors je ne crois plus en rien, puisqu'il ne reste rien de sensé. Je fais la moral aux autres, et moi je reste là en attendant qu'on vienne gentiment me chercher. Tu es perdue ? Viens avec moi, on va aller faire une annonce à l'accueil. Mais personne ne vient. Ou je ne laisse venir personne.

[Et si tu savais à quel point ton indifférence me blesse.]

Posté par Cataclysmable à 17:31 - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 octobre 2007

Ma voix tremble devant ses yeux qui rougissent. Ses yeux qui pleurent d'avancent et qui ravalent leur pluie, comme pour me balancer en pleine gueule qu'ils sont plus fort, bien plus fort que mon coeur qui bat la chamade et qui manque de stopper net, sans prévenir. Mais je n'ai pas peur de toi, Maman. Je n'suis rien mais je n'ai pas peur. Pas de toi. Moi j'ai peur de l'homme dans l'ombre du cerisier géant. Moi j'ai peur du fantômes et des hommes. Mais tu n'y es pour rien, Maman. Moi je n'fais pas partie de ces gens qui voient de la magie partout. Je fais partie de ceux qui s'émerveillent de tout. Mais ça non plus, Maman, tu n'y es pour rien.

Vous êtes boulimique jeune fille. Merci docteur. De me l'avoir dit si cruement. J'aurai voulu me faire encore plus petite que je n'le suis déjà. J'aurai voulu tout nier en bloc. Ne pleurez pas, vous allez vous en sortir. Mais je n'ai su que m'effondrer, le cul bien enfoncé dans cette chaise en mousse qui me fait horreur. Alors je remplie sagement, chaque jour, mon petit cahier vert, avec des rien et des gâteaux, des pâtes aussi.

Il n'y a que les détails qui font que je reste encore debout. Alors faîtes m'en bouffer, des détails.

Posté par Cataclysmable à 20:15 - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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